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Qu’est-ce que les menaces hybrides ?

Il n’existe actuellement aucune définition internationalement reconnue du terme « menaces hybrides ». En Belgique, nous utilisons la définition du Centre européen d’excellence pour la lutte contre les menaces hybrides (Hybrid CoE):

Le terme menace hybride fait référence à une action menée par des acteurs étatiques ou non étatiques visant à affaiblir ou nuire à un adversaire en influençant la prise de décision à l’échelle locale, régionale, nationale ou institutionnelle. Ces actions sont coordonnées et synchronisées, et ciblent délibérément les vulnérabilités des pays et institutions démocratiques. Les activités peuvent se dérouler dans les domaines politique, économique, militaire, civil ou informationnel. Elles sont menées à l’aide d’un large éventail de moyens et sont conçues pour rester en dessous du seuil de détection et d’attribution.

En résumé, les acteurs hostiles utilisent différentes techniques pour attaquer leur adversaire dans divers domaines (par exemple politique, militaire, économique, social, informationnel ou infrastructurel). À l’aide d’une stratégie coordonnée et ciblée, plusieurs techniques sont utilisées séparément ou simultanément dans le but de saper la démocratie et le sentiment de sécurité d’un pays, de semer la peur, de diviser la société et d’accroître leur propre influence.

Qui sont les acteurs hybrides ?

Nous distinguons deux types d’acteurs hybrides :

Acteurs étatiques

Les acteurs étatiques sont généralement des régimes autoritaires avec un contrôle politique centralisé, où les libertés et les droits sont limités. Ces acteurs ont des intentions malveillantes claires, de grandes capacités offensives et une stratégie cohérente pour mener des actions hybrides.

Des exemples d’acteurs hybrides étatiques sont des pays comme la Russie, la Chine et l’Iran. Ces États cherchent à atteindre leurs objectifs stratégiques — comme accroître leur influence et leur pouvoir à l’échelle mondiale — en s’ingérant dans les affaires d’autres États et en les influençant. Les menaces hybrides sont un moyen peu coûteux pour atteindre ces objectifs et perturber les processus et institutions des pays démocratiques.

Acteurs non étatiques

Les acteurs non étatiques sont des groupes, mouvements ou organisations qui ne font pas partie d’une structure étatique, mais qui poursuivent souvent des objectifs ayant un impact sur des intérêts vitaux de l’État. Il peut s’agir d’extrémistes, de groupes terroristes, de collectifs de hackers ou de réseaux criminels organisés.

Ces acteurs cherchent souvent à exercer une influence en ignorant les règles internationales, en les contournant ou en les exploitant à leur avantage. N’étant pas des États souverains, ils peuvent agir avec plus de liberté. De plus, ils peuvent être recrutés par des acteurs étatiques autoritaires pour exécuter des missions en leur nom. On les appelle alors des “proxies” (ou sous-traitants).Par exemple : le groupe Wagner est une organisation militaire privée qui opère dans le monde entier, souvent pour le compte de la Russie.

Les acteurs étatiques peuvent aussi faire appel à des freelancers, recrutés via les réseaux sociaux. Ces personnes peuvent recevoir des missions telles que la collecte de renseignements, des campagnes de propagande, des reconnaissances militaires ou des sabotages d’infrastructures.

Il n’est pas facile, voire parfois impossible, d’identifier qui se cache derrière une menace hybride et d’attribuer les incidents à un acteur spécifique.

Exemples de menace hybrides

Voici quelques exemples de menaces hybrides :

  • Désinformation pendant la pandémie de COVID-19 : des acteurs hybrides ont diffusé de fausses informations sur le virus, les traitements possibles et les vaccins afin de saper les informations officielles ou, à tout le moins, de semer le doute. Cela a conduit à une polarisation et à des manifestations, dont les images ont ensuite été largement partagées pour « prouver » l’échec des gouvernements occidentaux.
  • Élections : en diffusant de fausses informations, les acteurs hybrides peuvent semer le doute parmi la population ou influencer les choix électoraux de manière à favoriser leur propre agenda stratégique. Certains acteurs paient également des politiciens pour faire adopter certaines lois, ou attaquent les infrastructures électorales via des cyberattaques ou de l’espionnage afin de miner la confiance du public dans le gouvernement.
  • Ukraine avant 2022 : entre 2014 et 2022, l’Ukraine a souvent servi de terrain d’essai pour diverses techniques de guerre hybride, telles que des attaques physiques et cybernétiques contre des infrastructures critiques, des campagnes de désinformation et de polarisation visant à convaincre les provinces orientales de se séparer de l’Ukraine.

Lisez plus sur les techniques hybrides ici.