Rapport synthétique de l’exercice IRE 2014

Gestion de crise
ExercicesNucléaire
L’exercice du 4 décembre 2014 a été suivi par un long processus de débriefing, analysant les retours de tous les acteurs concernés. Les conclusions de cet exercice seront prises en compte dans l’actualisation en cours du nouveau Plan national d’urgence nucléaire.
IRE Fleurus

Après l’incident radiologique qui a eu lieu en août 2008 à l’IRE, un plan d’action a été mis sur pied par les différentes autorités et partenaires concernés avec pour seul objectif d’améliorer l’information et la sécurité de la population face au risque radiologique.

Ce plan d’action est suivi par un « Comité directeur » composé des responsables stratégiques (ou de leurs représentants spécialement mandatés à cet effet)  des principales autorités partenaires concernées par le plan d’urgence nucléaire : le Ministre de l’Intérieur (DG Centre de crise et DG Sécurité civile), le Gouverneur de la province de Hainaut, les Bourgmestres de Fleurus et de Farciennes, l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire, Bel V (organisme de contrôle, filiale de l’AFCN), ainsi que l’Institut des Radio-Eléments (IRE).

L’exercice qui s’est tenu le 4 décembre 2014 entrait dans le cadre de ce plan d’action afin notamment de tester les avancées réalisées.

Exercice du 4/12/2014 : une phase réflexe pour des actions immédiates

Le scénario testé le 4 décembre était relatif à une situation d’urgence radiologique nécessitant le déclenchement de la dénommée « phase réflexe » du Plan national d’urgence nucléaire.

Face à un tel scénario d’incident radiologique au développement rapide, c’est le Gouverneur de la Province de Hainaut qui doit concrètement mettre en œuvre immédiatement, sans attendre une évaluation spécifique de la situation par les experts, un certain nombre d’actions de protection de la population et ce, dans l’attente de la réunion des cellules de crise au niveau fédéral et d’une évaluation plus complète de la situation.

Il s’agit concrètement d’actions de protection déterminées au préalable dans le plan d’urgence : l’alerte, la mise à l’abri et à l’écoute des médias de la population située dans une zone réflexe prédéfinie (zone circulaire de 1.150 mètres autour du site de l’IRE).

Concrètement lors de cet exercice, la préparation de procédures simples et opérationnelles pour les canaux d’alerte et d’information (tels que CRISIS ALERT, BE-ALERT et le Contact-center de crise) a porté ses fruits : le Gouverneur a pu communiquer rapidement et efficacement les recommandations utiles en phase réflexe, ce qui démontre l’intérêt évident de ces outils de communication de crise.

Débriefing de l’exercice : un processus professionnel pour une analyse fine

L’exercice a été suivi par un long processus de débriefing. Les points d’attention et actions d’amélioration de toutes les instances participantes ont été collectés, analysés et compilés afin d’en retirer une évaluation globale. Ce rapport global a été présenté et discuté lors d’une réunion de débriefing qui a réuni tous les acteurs du plan d’urgence nucléaire concernés par le site de l’IRE.

En guise de conclusions, un rapport de débriefing très étoffé a été réalisé dans lequel, à côté des avancées très positives constatées, un certain nombre de points d’amélioration ont été soulevés. Ces derniers concernent tant la méthodologie d’exercice que l’opérationnalisation des actions de protection, la formation renforcée indispensable de tous les acteurs concernés ainsi que l’actualisation continue des plans et procédures d’urgence.

Le présent rapport a pour objectif de faire une synthèse des conclusions de l’exercice en reprenant les principales constatations et les actions d’amélioration envisagées. Celles-ci seront notamment prise en compte dans l’actualisation en cours du nouveau Plan national d’urgence nucléaire prévu pour 2016.

Des avancées dans la planification d’urgence et gestion de crise nucléaire

Cet exercice a permis de tester de nouvelles procédures et outils de gestion de crise. Des avancées et bonnes pratiques ont été soulignées lors du débriefing telles que pour exemple :

  • En préparation à l’exercice, des exercices uniquement d’alerte ont été organisés en juin 2014 avec le Centre 100 et une formation préalable a également pu être donnée à l’attention des opérateurs concernés : de la sorte, ces acteurs indispensables aux premières minutes de l’alerte ont pu se réapproprier les procédures en la matière. 
  • La plateforme web sécurisée, permettant de visualiser les avis des experts radiologiques par la Cellule de gestion pour une prise de décision éclairée a démontré son efficacité ainsi que son niveau de convivialité et d’utilisation aisée (durant l’exercice, l’opérateur technique a par exemple pu initier une action de protection à la demande de la Cellule de gestion, sans avis préalable de la Cellule d’évaluation, ce qui n’était pas initialement prévu dans les procédures, flux d’informations et décisions).
  • La gestion de cette situation d’urgence simulée a bénéficié d’une approche globale et intégrée d’une problématique réaliste, concertée entre les différents niveaux stratégiques (Bourgmestre, Gouverneur, Ministre de l’Intérieur) et les disciplines opérationnelles (services d’urgence et d’intervention). C’est en suivant cette voie, en favorisant la concertation et collaboration entre tous les acteurs concernés, que les décisions prises pour la protection de la population s’avèrent les plus efficaces et opérationnelles.
  • La présence d’un agent de liaison du Gouverneur au Centre de crise national, au sein de la Cellule de gestion, est une bonne pratique à renouveler et systématiser (dans la mesure du possible) : tant le flux d’informations que la collaboration entre ces acteurs principaux en ressortent renforcés.
  • Grâce à une bonne collaboration entre tous les niveaux de pouvoir, la diffusion systématique des communications nationales via les canaux locaux d’information (sites web, médias sociaux, contacts presse) permet une redondance et un renforcement des messages (avec comme constat notamment pour l’IRE que l’actualisation de leur site web doit être revue afin de pouvoir se faire de manière simple, rapide et efficace).

Cinq axes de travail issus de l’exercice

Afin de contribuer à l’amélioration continue des plans d’urgence et des procédures de tous les acteurs concernés par le Plan national d’urgence nucléaire, des actions d’amélioration spécifiques sont donc envisagées par les autorités pour chacun des points d’attention soulevés dans les conclusions de l’exercice. Celles seront prises en compte dans le cadre de l’actualisation du Plan national d’urgence nucléaire prévu pour 2016.


Suite à cet exercice en particulier, cinq axes de travail sont mis en avant :

1. Des plans et procédures adaptés aux avancées menées
Tant le Plan particulier d’urgence et d’intervention provincial pour le site de l’IRE que les Plans mono-disciplinaires d’intervention relatif aux missions de la Police fédérale et locale ainsi que du Service d’incendie seront actualisés en intégrant notamment les conclusions des groupes de travail spécifiques.
 
2. Une stratégie globale de gestion post-accidentelle d’un incident radiologique
Une réflexion sera menée sur les thèmes notamment de l’accueil, du triage radiologique et de la décontamination des personnes, biens et zones concernés par un incident radiologique dans le cadre d’une stratégie globale en la matière. 

3. Des (in)formations régulières de tous les acteurs du Plan national d’urgence nucléaire
Pour s’approprier au mieux les avancées et développements de la planification d’urgence et gestion de crise nucléaire issus des différents groupes de travail d’experts à tous les niveaux de pouvoir, des formations régulières doivent être poursuivies pour tous les acteurs (nationaux, provinciaux et locaux) du Plan national d’urgence nucléaire.

4. Des outils et infrastructures opérationnels 24h/7j au service de la gestion moderne de crises
Maintenir et renforcer les outils techniques ainsi que les infrastructures pratiques des cellules de crise, à tous les niveaux (national, provincial, communal, sur le terrain ou sur le site), est une nécessité afin qu’ils participent à une gestion optimale des crises. Les nouveaux moyens technologiques doivent être généralisés et étendus pour une meilleure collaboration et concertation entre tous les acteurs concernés.

5. Des exercices méthodiques pour un retour professionnalisant
Chaque autorité et service concerné doit libérer le temps et le personnel nécessaire à l’organisation et la préparation optimale des exercices et des documents préparatoires (tels que le scénario d’exercice et ses inserts) afin que ceux-ci puissent être délivrés plus tôt aux participants qui, (in)formés, retireront des exercices une professionnalisation de leurs pratiques.

Le Rapport synthétique (actuellement uniquement disponible en français) est téléchargeable ci-dessous.