Exercice à la Centrale nucléaire de Doel – Premières impressions

Gestion de crise
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Ce mardi 22 octobre 2013, a eu lieu un exercice simulant un incident nucléaire au sein de la Centrale nucléaire d’Electrabel (groupe GDF Suez) à Doel. L’accent était principalement mis sur la concertation au niveau des gestionnaires de crise quant aux actions de protection pour la population et la chaîne alimentaire, avec une intervention limitée sur le terrain.

Scénario fictif

Le scénario d’exercice prévoyait une défaillance technique dans un des réacteurs de la centrale. Il y avait un problème avec le système de refroidissement du réacteur qui était en révision. Dans le scénario, il était artificiellement prévu que des défaillances simultanées survenaient au sein des différents mécanismes de sécurité prévus pour garder normalement la situation sous contrôle. Après un certain temps, la situation s’est dégradée menant finalement à un rejet limité en dehors du site.<?xml:namespace prefix = o />

A titre de précaution, des actions de protection de la population ont été prises : mise à l’abri et, dans une phase ultérieure, prise de comprimés d’iode stable. Une évacuation a été envisagée, mais finalement il s’est avéré que, dans le cadre du scénario, celle-ci n’était pas nécessaire.  Des actions de protection de la chaîne alimentaire, telles que faire rentrer les vaches laitières ou encore couvrir les légumes récoltés, ont encore été prises dans une zone relativement étendue.

Premières impressions

L’exercice a démontré qu’il était toujours important de régulièrement s’exercer afin de se familiariser avec les procédures existantes. Dans des situations d’urgence complexes telles que celle-ci, où différentes autorités, services d’intervention, experts et exploitant d’une centrale nucléaire sont concernés, la gestion de l’information et du flux de cette information entre ces différents acteurs sont également un point d’attention primordial. La rapidité du flux d’informations est cruciale afin de réagir de manière efficace et en toute confiance tant pour l’exécution et l’opérationnalisation des décisions et actions de protection, que pour l’information de la population.

Il existe différents types d’exercices, avec une implication opérationnelle variable. Vu qu’il s’agissait d’un exercice limité, il a manqué à certains moments de l’exercice un retour plus réaliste sur le déroulement de celui-ci et des décisions prises. Dans d’autres exercices, ces réactions réalistes sont effectuées par une simulation de la pression médiatique et de la population, comme ce fut le cas encore en novembre 2012 pour l’exercice nucléaire de grand ampleur relatif à la centrale d’Electrabel à Tihange. Il a dès lors parfois manqué d’un peu de « sense of urgency ».

Ce ne sont que quelques premières impressions, récoltées sur base d’un premier retour de quelques services concernés. Une analyse plus approfondie sera réalisée dans les prochains mois. Chaque participant à cet exercice va lister ses constatations. De ces évaluations, des points d’amélioration pourront être tirés afin de peaufiner les procédures existantes, en gardant toujours à l’esprit la protection de la population en situation d’urgence.

Actions futures

A l’heure actuelle, le plan national d’urgence nucléaire est revu dans sa totalité. Les points d’attention tirés de précédents exercices ou des projets d’amélioration mis sur pied ces dernières années seront pris en compte. Les conclusions de cet exercice seront également de la sorte intégrées dans les réflexions à venir. Pour réaliser ce processus, différents groupes de travail vont être mis sur pied : au niveau national, provincial, communal, interdisciplinaire et international. Il en résultera pour 2015 un nouvelle version du plan national d’urgence nucléaire. Ce processus a déjà été réalisé précédemment, lorsque le premier plan national d’urgence nucléaire de 1991 a été actualisé dans l’Arrêté Royal du 17 octobre 2003.

En 2015, un exercice nucléaire de grand ampleur est déjà prévu pour le site de la région de Mol-Dessel.

L’exercice a pu être réalisé grâce à l’implication et la collaboration des services des Gouverneurs de Flandre orientale et d’Anvers, de la Commune de Beveren et de la Ville d’Anvers, ainsi que des différentes disciplines, de l’Agence Fédérale de Contrôle Nucléaire, de l’Agence Fédérale de Sécurité de la Chaîne alimentaire, des SPF Santé publique et Economie.